CHEVAL DE TRAIT : Poitevin (ou trait mulassier, ou cheval du Poitou)

CHEVAL DE TRAIT : Poitevin (ou trait mulassier, ou cheval du Poitou)
Le Poitou est un pays mulassier, c'est-à-dire qu'il produit des mules. Et comme chacun sait, la mule ne descend pas du mulet, mais des amours de l'âne et de la jument. Quant au bardeau, il est le rejeton parfaitement illégitime d'un cheval et d'une ânesse. Et ne jouissant d'aucune considération particulière, il se distingue en hennissant, alors que le mulet ne fait que braire.
Le Moyen Age connaissait bien cette industrie qui fit la gloire du Baudet du Poitou. Henri IV, voulant assainir ce pays marécageux, manda des ingénieurs hollandais dont les travaux faisaient merveille aux Pays-Bas. Et il semble établi que leurs chevaux brabançons plurent aux juments indigènes. On élevait les chevaux en liberté dans tous les marais bordant l'Atlantique. Cette souche prospéra, se spécialisant dans les travaux des terrains boueux, où les autres traits se seraient embourbés.

Mais si sa renommée dépassa les terres imbibées où meugle la Maraîchine, ce fut grâce au fruit de ses entrailles. La mule poitevine, hybride de grande taille, robuste et charpentée, était à poids égal le plus puissant animal d'attelage.
Cette vocation commune liait leur destin. Leurs effectifs tombèrent au même niveau alarmant dans les années 90. Depuis, une demande de ces chevaux pour l'attelage de loisir inverse la tendance. Et pour accélérer cette reprise, les éleveurs, privilégiant la monte en race pure, ont presque abandonné la production mulassière, malgré la forte demande. Elle reprendra quand la jumenterie sera plus conséquente.

Le Poitevin change de robes, les variant en isabelle, gris, bais et bruns, souvent pommelés. Cheval de grande taille, il a la tête forte, le profil droit, les ganaches écartées, de grosses et grandes oreilles, l'encolure pourvue d'une crinière abondante, le garrot sorti. La poitrine est profonde, et large comme le dos et le rein, les hanches écartées, la croupe ample, souvent avalée, les côtes longues, l'épaule oblique, les membres puissants, aux articulations et sabots larges.
Les poils y sont épais, parfois frisés ou en pinceau, aux genoux et aux jarrets. C'est un cheval athlétique aux formes plus allongées qu'épaisses.

« L'étalon Poitevin, ses filles les juments, ses gendres les baudets, et la ribambelle brayante de ses petits enfants. Ou l'art d'être grand-père »




Race Poitevin (ou trait mulassier, ou cheval du Poitou)
Taille au garrot 1,65 à 1,70 m
Robe Toutes les robes
Origine France (Poitou)
Aptitudes Travaux de force, attelage
Caractère Doux, docile, puissant
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# Posté le jeudi 06 juillet 2006 17:36

CHEVAL DE TRAIT : Percheron

CHEVAL DE TRAIT : Percheron
Le Perche était un vieux pays normand que peuplaient de grandes pâtures, de grandes forêts et de grands chevaux. Samson fait remonter l'équidé autochtone à l'Equus caballus sequanus, ce qui vaut bien des blasons. Les contes de Perche pouvaient toujours s'aligner. La bataille de Poitiers laissa beaucoup de cadavres et, grâce à Dieu, des étalons sarrasins prêts à séduire la jumenterie rivale. Ce sang que conforta encore celui rapporté des croisades, puis une infusion venue de Castille, fit de l'animal, grossi par le labeur, un arabe de trait.

Le Percheron eut ses heures belliqueuses. Destrier que travaillait l'ardeur orientale, il porta de grands seigneurs, Rotrou de Nogent, Geoffroy de Mondoubleau, et paya à la guerre de cent ans un tribu exorbitant. Des temps plus prospères le virent revenir aux affaires, petit Percheron tirant diligences et chaises de poste. Puis remplaçant vaches et b½ufs, il devint agriculteur. C'est au XIXe que s'affirmèrent les caractères de la race. Le stud-book, ouvert en 1883, nomme l'étalon Jean-le-blanc, fondateur et bienfaiteur d'une famille, à laquelle s'intéressait déjà le nouveau monde. Le premier reproducteur parti en 1851. Des milliers d'autres allaient suivre. Les Américains, exigeant des bêtes volumineuses, influencèrent un temps l'élevage. On créa pour eux des mastodontes.

Après la conquête de l'ouest, le Percheron fit celle des omnibus, du Japon, des pompiers et des grands magasins. Le tracteur, l'exode rural et le remembrement mirent un terme à cette apothéose. La race illustre manqua de disparaître aux crochets de boucherie. Mais, comme en bien des lieux, une poignée d'éleveurs insensés la firent ressusciter. Le Percheron, de taille moyenne, sous une robe grise pommelée ou noire, pèse autour de 900 kg. Tête fine, longues oreilles, ½il protubérant, front carré, naseaux très ouverts, il porte une crinière épaisse sur une encolure longue et rouée. La gorge est effacée, le garrot sorti, l'épaule inclinée, la poitrine large et profonde, le sternum saillant. Dos, reins sont droits et courts, les côtes arrondies, le flan plein, les hanches effacées, la croupe droite légèrement fendue, la queue haute. Les membres robustes, musclés, aux genoux, jarrets et canons larges, pâturons clairs et forts. Deux modèles se partagent le standard, le trait et le diligencier. D'une force prodigieuse, le Percheron a, comme ses allures, l'esprit vif. C'est un colosse docile et paisible qui sert autant aux travaux qu'à l'attelage.
Le haras du Pin fut la bonne fée de la race. L'élevage sortant des circonscriptions du Lion d'Angers et de Blois, a gagné de nombreuses régions françaises et l'étranger où il est largement exporté.

« Le bon cheval du Perche, hercule aux yeux doux. Sous la robe de velours, le sang charriant la longue histoire. La crinière ondulée couronnant négligemment sa gloire »



Race Percheron
Taille au garrot 1,55 à 1,72 m (moyenne 1,66 m)
Robe Gris pommelé, parfois noire ou rouanne
Origine France (Perche)
Aptitudes Travaux de force, attelage
Caractère Placide, énergique, docile, puissant
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# Posté le jeudi 06 juillet 2006 17:29

CHEVAL DE TRAIT : Trait du Nord

CHEVAL DE TRAIT : Trait du Nord
Le syndicat de l'élevage siège à l'hôtel de ville de Cambrai, ville célèbre pour son archevêché que fit briller Fénelon, et ses bêtises. Sur la place, défilent chaque année les plus beaux chevaux de la race. Et bien qu'ils soient pleins de douceur, on ne saurait les confondre avec les berlingots.

Cet animal imposant descendant probablement de l'Ardennais, croisé au XIX ème siècle avec le Brabançon, le Trait hollandais et d'autres races lourdes. On le trouvait dans le Hainaut belge et français. En 1919, ces deux contrées, retrouvant en Allemagne les chevaux que les réquisitions avaient enlevés, reconstituèrent rapidement les cheptels. En France, on ouvrit alors le stud-book, le séparant officiellement de l'Ardennais. Seules les juments conformes au typer étaient inscrites à titre initial. De nombreux étalons venaient de Belgique. D'abord Trait du nord puis Ardennais du nord, il reprit son nom actuel en 1992.
Rustique, énergique, fort comme un Turc, les vastes plaines l'employaient aux cultures, céréales, betteraves, et l'industrie lourde lui faisait arracher d'énormes charges. C'était encore un trotteur vigoureux et résistant, allongeant de remarquables foulées.

Le Trait du nord est un cheval imposant, les mâles pesant souvent la tonne. Sa grande taille, sa charpente et sa musculature concourent à cette impression de puissance. Il varie sa garde-robe avec le bai, l'alezan, l'aubère, le rouan, le gris fer et le noir.

La tête est petite, les oreilles courtes, les naseaux ouverts et l'½il vif. Sur un vaste poitrail, l'encolure, puissante, de longueur moyenne, fréquemment rouée, porte une crinière abondante. Le garrot, noyé dans le muscle, devance un dos droit, court, un rein large, une croupe double et massive. Et pour supporter cette masse, il plante l'assise de ses membres robustes, osseux, aux canons et pâturons brefs, poilus, aux sabots larges et solides.

Ses qualités, la douceur de son caractère, le font employer aux travaux des champs et des bois, en randonnée, selle ou attelage, et en compétition où il s'est maintes fois illustré. Ses effectifs restent stables. La filière bouchère est devenue accessoire. La zone d'élevage, concentrée dans le Nord-pas-de-Calais et la Picardie, s'étend à la Seine Maritime et aux Ardennes.

« Cheval monumental, hercule débonnaire, le Trait du nord. Un trait de caractère »



Race Trait du Nord
Taille au garrot 1,60 à 1,65 m
Robe Aubère, baie ou rouanne
Origine France (Nord et Picardie)
Aptitudes Travaux de force, randonnée attelage
Caractère Docile, énergique, puissant
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# Posté le jeudi 06 juillet 2006 17:26

Modifié le jeudi 06 juillet 2006 17:38

CHEVAL DE TRAIT : Comtois (ou trait comtois)

CHEVAL DE TRAIT : Comtois (ou trait comtois)
Bourguignonne puis Espagnole, la Franche-Comté fut réunie au royaume par Louis XVI, en 1678. Toutefois, cette province n'attendit pas le traité de Nimègue pour s'intéresser aux chevaux. La chronique fait remonter leurs ascendances au V ème siècle, époques peu sûres qu'agitèrent les Burgondes.

Le Moyen Age les vit alors suivre la voie des vieux chevaux de trait. Monture des croisades, des tournois, de toutes les guerres, sublimes victoires et piteux désastres, de Bouvines à la Bérézina. Géant tranquille des labours, dont Olivier de Serres, gentilhomme agronome au règne du bon roi Henri, disait qu'il remuait plus de terre en un seul jour qu'un b½uf en quatre.
En somme, il fit la fortune de sa contrée, étant devenu carrossier, artilleur, cheval des dragons et brave paysan. Mais les réquisitions de la Révolution, des deux empires, avaient déjà réduit le cheptel, quand le XIX ème siècle, ce creuser de bêtes nouvelles, le croisant avec des traits normands, boulonnais et percherons, faillit éteindre la race. Il fallut qu'au début du siècle suivant l'élevage mandât de petits étalons ardennais, aux caractères assez proches, pour sauver l'ancienne famille et créer un cheval qui fût plus fort, corrigeant les imperfections de la jument maîcharde. Et on l'appela Comtois, comme le pays de la cancoillotte. Pour ce qui suit, l'histoire se répète. Le tracteur, peu réputé pour ses sentiments, en envoya un grand nombre à la chambre froide.

De petite taille, les comtois portaient, avant guerre, une robe baie. Ce n'est qu'en 1960, avec la descendance de Questeur, étalon alezan, qu'ils prirent cette robe racée, foncée ou cuivrée avec des crins très clairs appelés « crins lavés » caractéristiques de la race. La tête carrée, aux petites oreilles mobiles, prolonge une encolure musclée dominant un large poitrail, un rein court, une cuisse bien descendue sous une croupe avenante, des membres secs, poilus, bien trempés.

Le milieu rude où il forgea sa race a donné un cheval très rustique qui peut se passer d'écurie. Si bois et vignobles perchés réclament ses qualités montagnardes, l'attelage et la selle apprécient encore sa gentillesse et sa courtoisie. L'élevage, très concentré en Franche-Comté et en Auvergne, a gagné aujourd'hui près de 75 départements français. La forte progression de l'effectif, pour ce qui regarde les étalons, tend à se ralentir, privilégiant des saillies en race pure.

« Le Comtois, sa queue tressée, ornée de fleurs et de papillotes. Comme Don Juan, portant le catogan. Trait léger tirant ses grumes, passant entre les rangs de vignes, devançant sa carriole pimpante. Broutant aux jardins pentus de la Montbéliarde »





Race Comtois (ou trait comtois)
Taille au garrot 1,55 à 1,65 m
Robe Alezane, crins lavés
Origine France (Franche-Comté)
Aptitudes Travaux de force, attelage, randonnée
Caractère Docile, coopératif, robuste, agile

# Posté le jeudi 06 juillet 2006 17:24

Modifié le jeudi 06 juillet 2006 17:38

CHEVAL DE TRAIT : Cob normand

CHEVAL DE TRAIT : Cob normand
Au XIX ème siècle, les norfolks, trotteurs anglais, avaient contribué à créer une jumenterie carrossière, énergique et élégante, de bonne charpente, dont personne n'aurait songé à se passer si n'avait pas surgit l'automobile. La véritable patrie de ces demi-sang était la Normandie. Et l'on ajoutait que tous les carrossiers de France et de Navarre, où qu'ils naquissent, descendaient du Normand. Affirmation qu'on peut reprendre aujourd'hui pour le Trotteur et le Selle Français, ainsi que le Cob.

Autrefois, le Cob devait allier la force à la distinction. On lui demandait, sous une musculature puissante lui servant à tirer, le sang et l'équilibre d'un cheval de selle. Le Cotentin était l'une des principales régions productrices. Les encyclopédies agricoles mentionnaient encore le Cob du Gers, mâtiné de sang arabe, et celui plus rustique de Bretagne, issu du Léon et du Corlay. En 1911, le Larousse définissait cob comme un mot anglais, désignant un cheval de taille moyenne à l'encolure épaisse et courte.
Gallois, Landais et Irlandais nommaient ainsi certaines de leurs races, trapues, ayant de la charpente et du corsage, pour chasser, promener ou atteler.

La Normandie en fit deux types, un léger, près du sang, absorbé depuis par le Selle, qui servait plutôt à la cavalerie, et, un gros, plus apte aux travaux fermiers, à l'artillerie et à la poste, dont descend notre actuel cheval de trait.
De taille moyenne, le Cob Normand porte une robe baie, alezane ou noire pangaré. Tête et silhouette ressemblent fort à celles de son ascendant le Selle Français.
Un peu cubique, bien membré, près de terre, étoffé, harmonieux, équilibré, il conserve de ses ascendances carrossières un excellent profil pour l'attelage. Les éleveurs, n'ayant pas alourdi la race, lui ont conservé des allures brillantes, sans lui donner la morphologie et la susceptibilité d'un cheval de selle. Aussi est-il très demandé en compétition d'attelage, comme en loisir.

Ses effectifs restent stables, présentant une légère augmentation du nombre des naissances. La département de la Manche, berceau de la race, conserve le gros des troupes qui débordent jusqu'au circonscriptions de la Roche-sur-Yon, le Pin et Angers, voire dans la Massif Central.

« Le Cob, dont jadis on coupait la queue. Qui devait mettre ailleurs son panache »




Race Cob normand
Taille au garrot 1,58 à 1,70 m
Robe Baie, alezane ou rouanne
Origine France (Normandie)
Aptitudes Attelage, randonnée, chasse à courre
Caractère Equilibré, résistant, docile, énergique
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# Posté le jeudi 06 juillet 2006 17:16

Modifié le jeudi 06 juillet 2006 17:37